C'est si facile de détruire quelqu'un, de tuer ses espoirs,
d'assassiner son futur, de démolir ses rêves, ses aspirations, ses désirs, ses vouloirs.
C'est un jeu non-équitable auquel on ne se risque pas contre une joueuse aussi féroce que moi.
Un à un, je les déchiquette. Je les regarde droit dans les yeux, fermement et profondément, afin de lire dans leur âme. Je connais parfaitement leurs intentions. Mais la mienne est d'une outrageuse valeur. Je sème la discorde et la controverse : et je récolte les larmes, les cris, les supplications. Oui, je les regarde droit dans les yeux, avec audace. Avidement. Comme si j'attendais quelque chose de plus de leur part. Alors, ils s'énervent, se tourmentent, se torturent de trouver une solution, un remède à mes maux-dits. Et c'en est jouissif. Parce qu'il n'y a plus rien à faire pour les sauver, parce que c'est peine perdue pour eux, et qu'ils ne veulent pas l'admettre. Ils sont ces fourmis que j'écrase du pied, ces moustiques que je tue d'un coup de la main. Quel cruel plaisir de les voir baisser le regard, de serrer la mâchoire et de faire demi-tour, les mains nues. Je souris, narcissiquement, dans mon coin, sur mon trône, seule, là où tous peuvent m'apercevoir sans m'atteindre. Qui sauvera l'autre?
Ce soir, j'ai eu mal. Mon c½ur a crié, mais je l'ai étouffé en me mordant jusqu'au sang. Mes yeux ont pleuré, mais les larmes se sont taries avant de couler. Un quart de seconde plus tard, j'étais redevenue de marbre : mon c½ur de pierre s'est durci, ma coquille s'est épaissie, mon esprit mieux dissimulé que jamais.
Si tu m'aimes, tu m'accepteras comme je suis. Tu accepteras mon non-amour en retour de l'affection que tu me portes. Parce que tu sais que je ne sais pas aimer. Que je n'ai jamais appris comment faire ou quoi dire. Et que ce n'est pas de sitôt que ça changera.
Je ne suis pas prête. Pas encore. Ni bientôt.
On a tous nos défauts.
Au revoir.